Le tech neck des enfants : une épidémie silencieuse
Nous surveillons le temps d'écran de nos enfants pour protéger leurs yeux et leur sommeil. Mais qui pense à leur cou ? Les données récentes sont alarmantes : 53 % des jeunes rapportent au moins occasionnellement des douleurs cervicales liées à l'utilisation d'appareils numériques, et 52 % ressentent une fatigue du cou pendant ou après l'utilisation (enquête 2025). Chaque heure supplémentaire de smartphone augmente le risque de symptômes musculo-squelettiques de 4 à 7 %.
Depuis le Covid, le phénomène a explosé. L'utilisation d'appareils portables a augmenté de 55,3 % chez les enfants, et 74 % d'entre eux rapportent des douleurs cervicales et d'épaules — le symptôme musculo-squelettique le plus fréquent (PMC12641052, 2025).
Des cous d'adultes dans des corps d'enfants
En Australie, les professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme : 34 % des praticiens rapportent une augmentation significative (supérieure à 25 %) des cas de « tech neck » chez les adolescents, et 29 % chez les enfants, depuis la pandémie (Australian Chiropractors Association, 2025).
Les enfants qui passent plus de 5 heures par jour sur les écrans présentent les scores posturaux les plus bas et un taux de plaintes cervicales et dorsales de 50 %. Les 13-15 ans sont plus touchés que les 10-12 ans, mais le problème commence bien plus tôt : dès 6 ans, les tablettes et smartphones modifient la posture cervicale.
Pourquoi les enfants sont plus vulnérables
La colonne vertébrale d'un enfant est en pleine croissance. Les vertèbres ne sont pas complètement ossifiées, les muscles cervicaux sont moins développés qu'à l'âge adulte, et la tête représente une proportion plus importante du poids du corps. Quand un enfant penche la tête sur une tablette pendant des heures, les forces exercées sur son cou immature sont proportionnellement plus importantes que chez un adulte.
L'utilisation prolongée des écrans à courte distance provoque une augmentation de la flexion de la tête et du cou, un aplatissement de la lordose cervicale et même des asymétries spinales. Des dommages qui, s'ils ne sont pas corrigés, peuvent persister à l'âge adulte.
Ce que je propose en consultation pédiatrique
Quand un parent m'amène un enfant pour des douleurs cervicales ou dorsales, je commence par un bilan postural complet. Je recherche les tensions des muscles sous-occipitaux et des trapèzes, les restrictions de mobilité cervicale, et les compensations dans la colonne thoracique.
Le traitement est doux, adapté à l'âge, et s'accompagne toujours de conseils de prévention pour la famille. L'objectif est de corriger les tensions avant qu'elles ne deviennent structurelles.
Protéger le cou de vos enfants : mes recommandations
Limitez le temps d'écran récréatif à moins de 2 heures par jour. Apprenez à votre enfant à tenir la tablette à hauteur des yeux plutôt que sur les genoux. Imposez des pauses de 10 minutes toutes les heures. Encouragez les activités physiques qui renforcent le dos et le cou — natation, gymnastique, escalade.
Si votre enfant se plaint de douleurs au cou ou aux épaules, ne les attribuez pas à la croissance sans vérifier. Prenez rendez-vous pour un bilan : quelques séances suffisent souvent à corriger le tir avant que les mauvaises habitudes ne s'installent durablement.
Sources
- Screen time and musculoskeletal symptoms in children post-COVID. PMC12641052. 2025.
- Significant increase in pediatric tech neck cases. Australian Chiropractors Association. 2025.
Pour aller plus loin

Rédigé & vérifié par
Clélia Félix
Ostéopathe D.O. — Diplômée du CEESO Paris (2010)
Spécialisée en périnatalité & pédiatrie · 15 ans d'expérience
RPPS 10010312246
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